Découvrir l’île d’Anafi dans l’archipel des Cyclades, c’est accepter de quitter les sentiers battus pour plonger dans une Grèce oubliée. À seulement 22 kilomètres de Santorin, cette petite île de 38 km² abrite à peine 270 habitants et reste l’une des dernières terres vierges de la mer Égée. Ici, pas d’aéroport, pas de tourisme de masse, pas de boutiques de souvenirs : juste le silence, le vent et l’immensité bleue. Les Grecs eux-mêmes considèrent Anafi comme leur secret le mieux gardé — un refuge pour ceux qui cherchent l’authenticité absolue.
Selon la mythologie, Apollon fit surgir cette île des flots pour offrir un havre de paix aux Argonautes, épuisés par une violente tempête lors de leur quête de la Toison d’Or. Aujourd’hui encore, Anafi conserve cette vocation première : accueillir les voyageurs en quête de ressourcement et de beauté brute.
Pourquoi Anafi est-elle l’anti-Santorin parfait ?
Alors que sa célèbre voisine croule sous les visiteurs, Anafi cultive l’art de la lenteur. L’île ne possède qu’un seul village — Chora — perché sur une colline avec ses ruelles labyrinthiques et ses maisons blanchies à la chaux typiques des Cyclades. Le port d’Agios Nikolaos, minuscule hameau de quelques maisons, constitue le seul autre point habité.
Cette simplicité n’est pas un manque : c’est un choix. Les habitants d’Anafi ont délibérément préservé leur île du développement touristique effréné. Le résultat ? Une authenticité devenue rarissime en Méditerranée.
Ce qui rend Anafi unique
L’île se distingue par plusieurs caractéristiques exceptionnelles. Le mont Kalamos domine le paysage du haut de ses 463 mètres — il s’agit du deuxième plus grand monolithe rocheux de Méditerranée après le rocher de Gibraltar. Les 18 kilomètres de sentiers balisés traversent des paysages arides parsemés de figuiers de Barbarie, d’oliviers centenaires et de petites chapelles blanches. Enfin, les plages du sud offrent un camping sauvage autorisé, tradition qui attire chaque été une communauté de voyageurs alternatifs.
💡 Bon à savoir : Les tailleurs de pierre d’Anafi étaient si réputés qu’ils furent appelés à Athènes au XIXe siècle pour reconstruire la capitale. Ils bâtirent le quartier d’Anafiotika, sur les flancs de l’Acropole, reproduisant exactement le style de leur île natale.
Que faire à Anafi : les expériences incontournables
Conquérir le sommet du Kalamos
L’ascension du mont Kalamos représente l’expérience majeure de tout séjour à Anafi. Le sentier débute au monastère de Zoodochos Pigi et grimpe sur 2,5 kilomètres avec 400 mètres de dénivelé. La récompense au sommet est à la hauteur de l’effort : un panorama à 360° sur la mer Égée, avec par temps clair la silhouette de Santorin, Amorgos, Ios et même Astypalée.
Le petit monastère de Panagia Kalamiotissa, accroché au sommet, offre une terrasse où certains voyageurs passent la nuit à la belle étoile pour assister au lever du soleil. Une expérience véritablement mystique.
Conseils pratiques pour la randonnée :
- Partez tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la chaleur
- Emportez au minimum 2 litres d’eau par personne
- Prévoyez des chaussures de marche adaptées au terrain rocailleux
- Durée totale : environ 3 heures aller-retour
Explorer les plages sauvages du sud
Le sentier côtier sud relie le port au monastère de Zoodochos Pigi en longeant un chapelet de plages et de criques préservées. Chacune possède son caractère propre.
| Plage | Caractéristiques | Accessibilité |
|---|---|---|
| Klisidi | Sable blanc, eau turquoise, quelques tamaris pour l’ombre | 15 min à pied du port |
| Roukounas | 500 m de dunes, camping sauvage autorisé, ambiance alternative | 45 min à pied ou bus |
| Katalimatsa | Ancien port, criques isolées, peu fréquentée | 1h30 à pied |
| Agii Anargiri | Petite chapelle, légende du mariage (les couples qui s’y baignent se marieraient) | 2h à pied |
| Livoskopos | Nord de l’île, sentier vertigineux, solitude garantie | Difficile d’accès |
Flâner dans Chora au coucher du soleil
Le village de Chora s’anime doucement en fin de journée. Les ruelles étroites serpentent entre les maisons cubiques, débouchant parfois sur des terrasses avec vue panoramique sur la mer. Le Glaros Bar, le plus ancien de l’île, offre le meilleur point de vue pour admirer le coucher du soleil avec un cocktail local.
Ne manquez pas la petite collection archéologique installée dans une maison du village, qui présente des vestiges de l’ancienne cité de Kastelli, habitée depuis le VIIIe siècle avant J.-C.
Le monastère de Zoodochos Pigi : entre sacré et mythologie
Ce monastère du XVIIe siècle constitue l’un des sites les plus fascinants d’Anafi. Sa particularité ? Il fut construit sur les ruines d’un temple d’Apollon Aiglitis datant du VIIe siècle avant J.-C. — selon la légende, ce temple aurait été érigé par les Argonautes eux-mêmes en remerciement au dieu qui leur avait révélé l’île.
À l’intérieur de l’église, une magnifique iconostase en bois sculpté peinte par l’hagiographe Nikolaos Karavias au XIXe siècle mérite une attention particulière.
Festivités à ne pas manquer : les 7 et 8 septembre, l’île célèbre la Panaghia de Kalamiotissas avec des festivités traditionnelles, de la musique et des danses qui attirent les Grecs de tout l’archipel.
Informations pratiques pour organiser votre voyage
Comment se rendre à Anafi ?
L’île ne possède pas d’aéroport. Le ferry depuis Santorin reste la solution la plus pratique.
Liaisons maritimes principales :
- Santorin → Anafi : environ 1h15 à 1h30 de traversée, tarifs entre 7€ et 30€ selon la compagnie et la saison
- Le Pirée (Athènes) → Anafi : environ 9 à 11 heures, liaison hebdomadaire
- Compagnie : Ferry Hopper
En haute saison (juin à septembre), comptez jusqu’à 10 traversées hebdomadaires depuis Santorin. Hors saison, les liaisons se réduisent à 1 à 3 par semaine — planifiez soigneusement votre séjour.
⚠️ Attention : L’île ne dispose pas de baie abritée. Par mauvais temps, les ferries peuvent avoir des difficultés à accoster. Prévoyez toujours une marge dans votre planning.
Quelle est la meilleure période pour visiter Anafi ?
La meilleure période s’étend de mai à septembre, avec une préférence pour juin et septembre qui offrent un excellent compromis entre météo agréable et fréquentation modérée.
- Mai-juin : températures douces (20-25°C), île calme, idéal pour la randonnée
- Juillet-août : chaleur intense, plages animées par les campeurs, ambiance festive
- Septembre : mer encore chaude, lumière dorée, festivités du 8 septembre
Où dormir à Anafi ?
L’offre d’hébergement reste volontairement limitée. Réservez plusieurs semaines à l’avance en haute saison.
Types d’hébergements disponibles :
- Hôtels et pensions : concentrés dans Chora et près de Klisidi, tarifs à partir de 60€/nuit
- Locations de vacances : disponibles sur Airbnb et Booking, moyenne autour de 100€/nuit
- Camping sauvage : autorisé sur la plage de Roukounas et certaines criques du sud
Parmi les établissements recommandés : l’Apollon Village Hotel près de Klisidi, Ta Plagia à Chora pour son authenticité, ou le récent Drops Mare au port pour un accès direct à la mer.
Se déplacer sur l’île
Malgré sa petite taille, plusieurs options existent pour explorer Anafi. Un bus gratuit relie le port à Chora et au monastère (3 à 4 passages quotidiens en été). La location de scooter permet une liberté totale — comptez environ 20-25€/jour. La marche reste le mode de déplacement privilégié : les sentiers balisés couvrent l’essentiel des points d’intérêt. Enfin, des excursions en bateau permettent d’accéder aux criques inaccessibles par la terre.
Les saveurs d’Anafi : gastronomie locale
L’île produit un miel exceptionnel aux arômes de thym et de sauge sauvage, ainsi que des herbes aromatiques renommées dans tout l’archipel. Le safran d’Anafi constitue également une spécialité locale recherchée.
Dans les tavernes de Chora, goûtez aux spécialités comme la fava (purée de pois cassés), le poisson grillé du jour, ou la moussaka au thon — une variation locale originale. Le restaurant Armenaki est particulièrement réputé pour sa cuisine traditionnelle généreuse.
Terminez votre repas par un rakomelo — un mélange chaud de raki, de miel et de cannelle qui réchauffe les soirées fraîches.
Anafi en pratique : récapitulatif
| Information | Détail |
|---|---|
| Superficie | 38 km² |
| Population | ~270 habitants |
| Accès | Ferry depuis Santorin (1h15-1h30) |
| Meilleure période | Mai à septembre |
| Budget hébergement | 60-150€/nuit |
| Temps de séjour conseillé | 3 à 5 jours minimum |
Préparez votre island hopping dans les Cyclades
Anafi s’intègre parfaitement dans un circuit des Cyclades du sud. Combinez votre séjour avec les îles voisines pour une expérience complète de l’archipel.
Suggestions d’itinéraires :
- Santorin → Anafi → Amorgos (pour les amateurs d’authenticité)
- Naxos → Ios → Anafi (pour varier les ambiances)
- Milos → Folegandros → Anafi (pour les îles préservées)
Conclusion : Anafi, le voyage qui change tout
Découvrir l’île d’Anafi, c’est faire l’expérience d’une Grèce qui n’existe presque plus ailleurs. Cette île ne se visite pas — elle se vit. Le temps y coule différemment, les priorités se réordonnent naturellement, et le superflu disparaît face à l’essentiel : la beauté d’un paysage brut, le silence d’une crique déserte, la chaleur d’un accueil sincère.
Si vous cherchez une destination qui transforme véritablement le voyageur, Anafi vous attend. Mais dépêchez-vous : les secrets finissent toujours par se savoir !
