Koufonissia aussi appelée Koufonisia, Koufonisi, Koufounisi ou encore Koufonissi, cette perle des Petites Cyclades posé entre Naxos et Amorgos, figure parmi les derniers secrets de la mer Égée. Si vous cherchez les 5 choses incontournables à faire à Koufonisia, oubliez les circuits balisés : cette île de 5,7 km² se découvre au rythme des vagues et des cigales. Ici, pas de bus ni de voiture. Juste un sentier côtier, des eaux turquoise à faire pâlir les Caraïbes, et une authenticité que Santorin a perdue depuis longtemps. Voici les expériences essentielles pour vivre Koufonisia comme ceux qui y reviennent chaque année.
Arpenter le sentier côtier de Chora à Pori
Le sentier littoral de Koufonisia constitue l’épine dorsale de toute visite réussie. Ce chemin de 5 kilomètres relie Chora, le village principal, à la plage de Pori en longeant la côte est de l’île. Comptez environ 1h30 de marche entrecoupée de baignades, car le parcours dévoile les plus belles criques de l’archipel des Petites Cyclades.
Les étapes incontournables du sentier
Le parcours débute à la plage d’Ammos, à deux minutes du port. Cette première halte offre des eaux cristallines protégées du vent, idéales pour s’acclimater. En poursuivant vers le sud-est, vous atteindrez Finikas (ou Charokopou) en quinze minutes, une plage familiale bordée d’une taverne éponyme où les habitués commandent leur café frappé dès le matin.
La portion suivante mène à Fanos, dernière plage accessible par route goudronnée. Son beach bar attire une clientèle jeune en quête d’ambiance décontractée. Au-delà, le sentier devient plus sauvage et traverse des paysages rocheux sculptés par le vent, parsemés de petites criques confidentielles où poser sa serviette en toute tranquillité.
L’arrivée à Pori, la plus grande plage de l’île, récompense les marcheurs avec un lagon naturel aux eaux calmes et limpides. Deux tavernes permettent de déjeuner les pieds dans le sable avant de repartir ou d’emprunter le bateau-bus qui effectue la navette avec Chora tout au long de la journée.
Conseil pratique : Partez tôt le matin (avant 9h) pour profiter des plages désertes et éviter la chaleur. Emportez de l’eau, un chapeau et des chaussures adaptées car certaines portions rocheuses peuvent être glissantes.
Plonger dans la Piscina et l’Œil du Diable
Entre les plages d’Italida et de Pori se cache l’un des phénomènes naturels les plus fascinants des Cyclades : la Piscina (ou Pisina). Cette piscine naturelle creusée dans la roche volcanique offre des eaux émeraude d’une transparence irréelle, encadrées par des falaises ocre qui forment un amphithéâtre minéral.
Une formation géologique unique
À quelques mètres de la Piscina, le Mati tou Diavolou (Œil du Diable) impressionne les visiteurs. Cette grotte marine communique avec la mer par un tunnel souterrain, créant un phénomène acoustique et visuel saisissant. Les courants agitent l’eau et le son des vagues résonne contre les parois, générant une atmosphère quasi mystique.
Ces formations constituent le point culminant du sentier côtier et méritent qu’on s’y attarde. La Piscina dispose d’une plateforme naturelle permettant de plonger dans ses eaux profondes. Le spectacle des reflets turquoise sur les rochers justifie à lui seul le détour par Koufonisia lors d’un voyage dans les Cyclades.
Timing optimal : Arrivez avant 11h pour profiter du site en intimité. En haute saison, l’endroit devient rapidement prisé par les visiteurs venus de Naxos ou Amorgos à la journée.
Explorer Kato Koufonissi, l’île déserte
Face à Ano Koufonissi (l’île principale), Kato Koufonissi offre une expérience de Robinson moderne. Cette île quasi inhabitée ne compte qu’une chapelle, une dizaine de maisons de vacances et une unique taverne. Un petit bateau assure la liaison depuis le port de Chora toutes les 30 minutes en saison, pour un trajet d’environ 10 minutes.
Une randonnée hors du temps
L’île se prête à une randonnée de 13 kilomètres (environ 4 heures) à travers un paysage préservé de cèdres, de phrygana (arbustes épineux typiques de l’Égée) et de chèvres en liberté. Le sentier traverse l’ancienne ferme de Lolantinis avant de rejoindre les plages sauvages de Nero, Lakkoi, Detis et Pezoulia.
La plage de Nero, accessible uniquement à pied ou en bateau selon les conditions de navigation, figure parmi les plus spectaculaires de l’archipel. Son nom signifie « eau » en grec, en référence au puits qui s’y trouve.
Avant de repartir, une halte s’impose à la taverne Venetsanos, unique point de restauration de l’île. Installée dans le vieux village de Panagia, cette adresse mythique cultive une ambiance baba-cool et sert des plats mijotés faits maison dans une atmosphère hors du temps. Les habitués y passent des après-midis entiers à discuter avec les rares résidents de passage.
Préparation essentielle : Kato Koufonissi ne dispose d’aucune infrastructure hormis la taverne. Apportez eau, nourriture, protection solaire et chaussures de marche. Le camping sauvage y est toléré pour les aventuriers.
Savourer les fruits de mer dans les tavernes de pêcheurs
La gastronomie de Koufonisia reflète son identité insulaire : simple, authentique et centrée sur les produits de la mer. L’île vit encore largement de la pêche, et les tavernes servent le poisson du jour pêché quelques heures plus tôt par les locaux.
Les spécialités à ne pas manquer
Parmi les plats emblématiques, les spaghetti aux fruits de mer (astakomakaronada) constituent l’incontournable de l’île. Homards, langoustines et crevettes cuisent dans une sauce tomate parfumée aux herbes avant d’être mariés aux pâtes fraîches. Le patatato, ragoût de chèvre aux pommes de terre cuit lentement au four à bois, représente une spécialité partagée avec les îles voisines de Naxos et Amorgos.
En dessert, le xerotigana ravit les palais : ces morceaux de pâte finement découpés et frits sont nappés de miel et de noix. Une douceur parfaite pour conclure un repas face au coucher de soleil.
Les meilleures adresses
La taverne Capetan Nikolas à Chora jouit d’une réputation méritée pour ses poissons grillés et ses pâtes aux langoustes. Les locaux recommandent également To Limani, petite adresse sur le port où l’on déguste mezzes et ouzo dans une ambiance authentique pour des prix raisonnables (environ 15€ par personne).
Pour un apéritif mémorable, le bar Sorokos en bord de mer propose cocktails et ambiance décontractée face au port. L’ancienne école transformée en bar, Scholio, offre quant à elle un cadre atypique pour prolonger la soirée.
Budget indicatif : Comptez 20-35€ par personne pour un repas complet avec poisson frais dans les tavernes traditionnelles.
Flâner dans Chora au rythme cycladique
Chora, unique village de Koufonisia, concentre l’essentiel de la vie insulaire. Perché légèrement en retrait du port plutôt qu’étalé le long du quai, ce village semble volontairement tourner le dos à la mer, comme pour préserver son intimité.
L’architecture typique des Petites Cyclades
Les ruelles blanches ornées de bougainvilliers roses et de pots de géraniums offrent un décor photogénique caractéristique des îles grecques authentiques. L’église Agios Georgios domine le vieux quartier où se concentrent commerces et restaurants. Le moulin blanc à l’entrée du port accueille les visiteurs arrivant par ferry, symbole intemporel des Cyclades.
La promenade du front de mer, qui s’étend jusqu’au bar Sorokos, permet d’observer les allées et venues des pêcheurs et des ferries. Au coucher du soleil, la côte ouest dévoile des panoramas spectaculaires sur l’île voisine de Kéros, site archéologique majeur où furent découvertes les célèbres figurines cycladiques aujourd’hui exposées au musée national d’Athènes.
Le rythme insulaire
À Koufonisia, on vit en maillot de bain le jour et en tenue légère le soir. Pas besoin de montre : le rythme s’impose naturellement, dicté par les heures de baignade et les repas dans les tavernes. Cette lenteur assumée constitue précisément ce que recherchent les voyageurs en quête d’authenticité, loin des circuits touristiques formatés de Santorin ou Mykonos.
Informations pratiques pour visiter Koufonisia
Comment rejoindre Koufonisia
L’île ne possède pas d’aéroport. L’accès se fait uniquement par ferry depuis plusieurs points des Cyclades :
| Départ | Durée | Fréquence | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Naxos | 35 min – 2h15 | 6-7 fois/semaine | 7€ – 53€ |
| Le Pirée (Athènes) | 4h10 – 7h30 | 3-7 fois/semaine | À partir de 42€ |
| Santorin | 1h45 | En saison | Variable |
| Amorgos (Katapola) | 25 min | Quotidien | Environ 8€ |
La compagnie Small Cyclades Lines (Express Skopelitis) assure les liaisons quotidiennes entre les Petites Cyclades. Blue Star Ferries et SeaJets proposent des connexions avec les îles principales.
Quand partir à Koufonisia
La meilleure période s’étend de mi-mai à fin juin puis de septembre à mi-octobre. L’île offre alors un climat idéal et une affluence modérée. Évitez la deuxième quinzaine de juillet et le mois d’août : la population de l’île explose et les plages perdent leur caractère intimiste.
Se déplacer sur l’île
Aucun service de location de voiture ou de scooter n’existe à Koufonisia. Les déplacements s’effectuent à pied, à vélo (location chez Thoosa) ou via le bateau-bus qui dessert les principales plages. Cette contrainte apparente devient rapidement un atout : elle préserve le calme de l’île et invite à ralentir le rythme.
L’essentiel à retenir
Koufonisia incarne une Grèce préservée, celle que recherchent les voyageurs avertis fatigués des destinations sur-fréquentées. Entre randonnées côtières, baignades dans des eaux cristallines, découverte de l’île déserte de Kato Koufonissi et dégustations de fruits de mer dans les tavernes de pêcheurs, cette île miniature offre une parenthèse hors du temps.
La clé d’un séjour réussi réside dans l’acceptation du rythme insulaire : oublier sa montre, suivre le soleil, et se laisser porter par la dolce vita égéenne. Pour prolonger l’exploration des Petites Cyclades, Iraklia, Schinoussa et Donoussa offrent des expériences similaires à quelques encablures de ferry.
