Samothrace : l’île grecque secrète aux paysages spectaculaires et vestiges antiques

Loin des circuits touristiques classiques de la Grèce, visiter l’île de Samothrace appelée aussi Samothraki représente une véritable plongée dans une nature préservée et mystérieuse. Perdue dans les eaux turquoise de la mer Égée du Nord, cette île montagneuse de 178 km² abrite seulement 3000 habitants et offre une expérience radicalement différente des destinations grecques habituelles. Entre cascades cristallines, sanctuaires antiques et forêts luxuriantes, Samothrace s’impose comme le refuge idéal pour les voyageurs en quête d’authenticité et de connexion avec la nature sauvage.

Pourquoi Samothrace demeure l’île secrète de la Grèce

Contrairement aux Cyclades ou aux îles Ioniennes, Samothrace a échappé au tourisme de masse grâce à son accès difficile et son caractère montagneux. Cette île du nord de la mer Égée se distingue par une géographie exceptionnelle dominée par le mont Fengari qui culmine à 1611 mètres, formant ainsi le plus haut sommet de toutes les îles de la mer Égée. Cette altitude remarquable génère un microclimat unique qui maintient l’île verdoyante même en plein été, une rareté dans l’archipel grec.

La végétation luxuriante de Samothrace surprend immédiatement le visiteur. Des forêts denses de pins, de platanes séculaires, de châtaigniers et de chênes recouvrent les flancs montagneux, créant un paysage qui rappelle davantage les Balkans que les îles grecques traditionnelles. Cette abondance végétale s’explique par les précipitations importantes qui alimentent plus de 60 rivières descendant du mont Saos, créant un réseau hydrologique unique dans les îles grecques.

L’histoire de l’île ajoute une dimension mystique à ce décor naturel. Samothrace fut dans l’Antiquité un haut lieu spirituel où se déroulaient les mystérieux rites d’initiation du sanctuaire des Grands Dieux. C’est également ici que fut découverte la célèbre Victoire de Samothrace, chef-d’œuvre sculpté en marbre de Paros aujourd’hui exposé au musée du Louvre. Cette statue monumentale témoigne de l’importance religieuse et culturelle qu’occupait l’île dans le monde antique.

Comment rejoindre Samothrace depuis le continent

L’absence d’aéroport sur l’île constitue paradoxalement l’un de ses atouts majeurs en limitant naturellement l’afflux touristique. Pour visiter l’île de Samothrace, vous devrez emprunter le ferry depuis le port d’Alexandroupoli, situé dans le nord-est de la Grèce continentale. Cette contrainte logistique préserve le caractère authentique de l’île et filtre les visiteurs vers ceux qui recherchent véritablement une expérience différente.

Je vous recommande la plongée à Alexandroupoli.

Les ferries pour Samothrace sont opérés principalement par les compagnies Fast Ferries et Zante Ferries. La traversée dure environ 1h45 et relie quotidiennement Alexandroupoli au port de Kamariotissa, principal point d’entrée de l’île. Le tarif d’un billet aller simple varie entre 17 et 20 euros par personne, tandis que l’embarquement d’un véhicule coûte environ 40 euros supplémentaires. Durant la haute saison estivale de juin à septembre, les liaisons sont quotidiennes avec plusieurs départs par jour. En revanche, hors saison, la fréquence se réduit à une ou deux traversées par semaine, rendant indispensable la réservation anticipée de vos billets.

Pour rejoindre Alexandroupoli, vous pouvez prendre un vol direct depuis Athènes vers l’aéroport Democritus situé à environ 6 kilomètres du port. Des bus réguliers KTEL assurent également la liaison depuis Thessalonique, avec un trajet d’environ quatre heures pour 29 euros par personne. Cette option permet d’admirer les paysages de la Thrace grecque avant d’embarquer pour l’île.

Une fois arrivé à Kamariotissa, la location d’un véhicule s’avère indispensable pour explorer l’île en profondeur. L’unique station-service se trouve sur la route menant à Chora, il est donc recommandé de faire le plein régulièrement. Notez que les routes serpentent à travers les montagnes et que vous croiserez fréquemment des chèvres sauvages qui se promènent librement. Ces caprins sont quinze fois plus nombreux que les habitants humains et font partie intégrante du paysage de Samothrace.

Chora, la capitale perchée au charme byzantin

Située à seulement 7 kilomètres du port, Chora constitue le cœur historique de Samothrace. Cette capitale insulaire construite en amphithéâtre à 300 mètres d’altitude offre une vision saisissante de l’architecture traditionnelle grecque préservée. Les maisons en pierre à deux étages se succèdent le long de ruelles pavées étroites, créant un labyrinthe médiéval baigné de lumière où le temps semble s’être arrêté.

L’élément architectural le plus caractéristique de Chora demeure sans conteste les toits de tuiles traditionnels surmontés de grosses pierres plates. Cette technique ancestrale protège les habitations des vents violents qui balayent régulièrement l’île, particulièrement durant l’hiver. Les venelles sinueuses révèlent au détour de chaque coin des églises byzantines, des fontaines anciennes et des placettes ombragées où les habitants se retrouvent pour discuter autour d’un café grec.

Le château byzantin du 10ème siècle domine le village depuis son promontoire rocheux. Cette forteresse génoise ensuite remaniée offre un panorama exceptionnel sur toute l’île, du mont Fengari jusqu’à la mer Égée scintillante. La montée jusqu’aux ruines médiévales traverse un quartier historique particulièrement préservé où subsistent quelques tours génoises témoignant de la domination vénitienne de l’île au 14ème siècle.

Le musée folklorique situé près de l’église de la Dormition de la Vierge expose une collection fascinante d’objets traditionnels illustrant la vie quotidienne des habitants au cours des siècles passés. Vous y découvrirez des costumes régionaux, des outils agricoles anciens, ainsi que des photographies d’époque montrant l’évolution du village. Cette visite complète parfaitement la compréhension de l’identité culturelle unique de Samothrace, forgée par son isolement géographique et son histoire tumultueuse.

Samothrace Sanctuaire des Grands Dieux

Les vathres et cascades, joyaux aquatiques de l’île

Le véritable trésor de Samothrace réside dans ses piscines naturelles appelées localement vathres. L’île compte plus de cent de ces bassins rocheux sculptés par l’érosion millénaire des rivières descendant du mont Fengari. Ces formations géologiques uniques créent des lieux de baignade enchanteurs au cœur de la forêt, où l’eau cristalline contraste magnifiquement avec le granit sombre et la végétation luxuriante environnante.

La rivière Fonias abrite les vathres les plus célèbres et accessibles de Samothrace. Le nom « Fonias » signifie « meurtrier » en grec, évoquant la puissance destructrice du torrent lors des crues hivernales qui emportent tout sur leur passage. Le sentier menant aux cascades de Fonias démarre près du village de Therma et serpente pendant environ 1,7 kilomètre à travers une forêt féérique de platanes centenaires aux troncs creux et torsadés. Cette randonnée facile d’une quarantaine de minutes convient à tous les niveaux et offre une immersion totale dans l’atmosphère mystique de l’île.

La première cascade de Fonias forme un bassin naturel d’environ 30 mètres de diamètre où l’eau turquoise invite à la baignade. La chute d’eau de 15 mètres de hauteur reste partiellement cachée derrière une paroi rocheuse, créant une ambiance intimiste et secrète. Les randonneurs les plus téméraires peuvent poursuivre vers les deuxième et troisième cascades qui nécessitent davantage d’efforts et d’équipement, avec des passages plus techniques incluant des cordes pour franchir certains passages escarpés. La cascade Kleidosi, point culminant du parcours, déploie ses 35 mètres de hauteur dans un amphithéâtre rocheux spectaculaire, bien que la baignade y soit déconseillée en raison de la puissance du courant.

Le Gria Vathra, situé près de Therma, représente une alternative plus intimiste aux foules qui se pressent parfois à Fonias. Deux sentiers y mènent : un parcours facile adapté aux familles et un itinéraire plus aventureux pour les randonneurs expérimentés. Le bassin naturel de Gria Vathra offre une eau particulièrement limpide et fraîche, idéale lors des chaudes journées d’été. D’autres vathres moins fréquentées parsèment les rivières Tsivdogiannis, Kardelis, Xiropotamos et Vatos, récompensant les explorateurs disposés à s’écarter des sentiers battus.

Samothrace vacances d'été randonnée dans les cascades et les piscines naturelles

Le sanctuaire des Grands Dieux, héritage mystique

Impossible de visiter l’île de Samothrace sans explorer le sanctuaire des Grands Dieux de Paleopoli, site archéologique majeur qui fit la renommée de l’île dans l’Antiquité. Ce complexe religieux panhellénique accueillait depuis le 7ème siècle avant notre ère un culte à mystères dédié aux Cabires, divinités chthoniennes d’origine préhellénique dont l’identité exacte demeure toujours énigmatique. Contrairement aux mystères d’Éleusis réservés aux citoyens grecs, les rites de Samothrace s’ouvraient à tous sans distinction de statut social, accueillant aussi bien les esclaves que les souverains.

Le parcours initiatique comportait deux degrés successifs : la myesis (initiation) puis l’epopteia (contemplation). À chaque étape, l’initié découvrait des révélations sur les Grands Dieux et l’au-delà, selon un protocole secret jalousement gardé pendant des siècles. Des personnages historiques illustres participèrent à ces mystères, dont l’historien Hérodote, le roi de Sparte Lysandre, Philippe II de Macédoine et son fils Alexandre le Grand. Cette dimension spirituelle conférait à Samothrace un statut sacré qui perdurera jusqu’à l’avènement du christianisme au 4ème siècle.

Le site archéologique s’étend aujourd’hui sur plusieurs hectares au pied du mont Fengari, dans un vallon abrité des vents marins. Vous pourrez y admirer les vestiges de plusieurs édifices monumentaux dont l’Anaktoron où se déroulait l’initiation, le Hieron destiné aux cérémonies du second degré, et la célèbre Rotonde d’Arsinoé, plus grande structure circulaire de l’Antiquité grecque avec ses 20 mètres de diamètre. C’est dans le théâtre adjacent que fut découverte en 1863 la Victoire de Samothrace, statue commémorant probablement une victoire navale au 2ème siècle avant notre ère.

Le musée archéologique attenant au sanctuaire expose une riche collection d’objets trouvés lors des fouilles, incluant des céramiques, des inscriptions, des éléments architecturaux et une reproduction fidèle de la Victoire de Samothrace permettant d’apprécier l’œuvre dans son contexte original. La visite du sanctuaire nécessite environ deux heures et s’avère particulièrement émouvante en fin d’après-midi lorsque la lumière rasante illumine les colonnes de marbre et que le site retrouve sa quiétude après le départ des groupes.

Mont Fengari, ascension vers les dieux

L’ascension du mont Fengari, dont le nom signifie « Lune » en grec, constitue l’aventure ultime pour les randonneurs visitant Samothrace. Ce sommet de 1611 mètres représente non seulement le point culminant de l’île mais également le plus haut pic de toutes les îles de la mer Égée. Selon la mythologie grecque, le dieu Poseidon observait depuis ce sommet le déroulement de la guerre de Troie située de l’autre côté du détroit, comme l’évoque Homère dans l’Iliade : « Il s’asseyait et s’émerveillait de la guerre et des luttes, juché sur la crête la plus élevée de la sylvestre Samothrace ».

Le sentier principal débute depuis le village de Therma et nécessite environ six heures d’ascension pour atteindre le sommet. Cette randonnée exigeante présente un dénivelé important et traverse des écosystèmes variés, depuis les forêts de feuillus de basse altitude jusqu’aux zones alpines rocheuses proches du sommet. Le parcours est balisé mais requiert une bonne condition physique, des chaussures de randonnée adaptées et une préparation sérieuse incluant eau et provisions en quantité suffisante. Les conditions météorologiques peuvent changer rapidement en altitude, rendant impératif de consulter les prévisions avant de partir.

Le panorama depuis le sommet du Fengari récompense largement les efforts fournis. Par temps clair, la vue embrasse toute l’île de Samothrace, les côtes de la Thrace turque et grecque, l’île voisine de Thassos et, dans des conditions optimales, même la péninsule de Gallipoli et les détroits des Dardanelles. Cette perspective vertigineuse permet de comprendre l’importance stratégique qu’occupait Samothrace dans l’Antiquité, contrôlant les routes maritimes entre la mer Égée et la mer de Marmara.

Plusieurs refuges de montagne jalonnent le parcours d’ascension, offrant des points de repos bienvenus. Certains randonneurs choisissent de bivouaquer près du sommet pour assister au lever du soleil, expérience transcendante lorsque les premiers rayons illuminent progressivement la mer Égée encore plongée dans l’obscurité. Cette tradition du bivouac au sommet perpétue l’atmosphère spirituelle qui imprègne depuis toujours le mont Fengari, montagne sacrée où le divin et l’humain semblent se rejoindre.

Plages et littoral sauvage de Samothrace

Contrairement aux îles des cyclades et leur succession de plages de sable fin, le littoral de Samothrace se caractérise par des criques de galets et des côtes rocheuses sculptées par les vagues. Cette particularité géologique décourage les amateurs de farniente traditionnel mais ravit les voyageurs recherchant des eaux cristallines et des paysages authentiques préservés de tout aménagement touristique intensif.

Pachia Ammos, située sur la côte sud de l’île, constitue l’exception notable avec son sable doré et fin. Cette plage familiale accessible en voiture attire naturellement la majorité des baigneurs durant l’été. Plusieurs tavernes bordent le rivage, proposant poissons grillés et spécialités locales dans un cadre décontracté. Malgré sa popularité relative, Pachia Ammos conserve une atmosphère paisible bien éloignée des plages bondées des destinations touristiques classiques. Les eaux turquoise peu profondes conviennent parfaitement aux familles avec enfants.

La plage de Kipos, située à l’extrémité est de l’île, offre un spectacle radicalement différent avec ses galets noirs contrastant magnifiquement avec les eaux d’un bleu profond. Cette vaste étendue souvent déserte procure une sensation d’isolement total et permet d’admirer des couchers de soleil spectaculaires lorsque le soleil disparaît derrière les montagnes. L’absence de commodités et l’accès par une piste sinueuse contribuent à préserver le caractère sauvage de Kipos, destination privilégiée des campeurs libres et des amateurs de tranquillité absolue.

La plage de Pyrgos tou Fonia (« tour de Fonias ») doit son nom à l’impressionnante tour médiévale qui se dresse à proximité de l’embouchure de la rivière Fonias. Les galets gris et l’eau particulièrement transparente créent un cadre propice à la plongée libre, révélant un monde sous-marin préservé riche en poissons et formations rocheuses. Non loin de là, Vatos Beach accessible uniquement par bateau ou après une longue randonnée récompense les aventuriers par son isolement total et ses eaux d’une pureté remarquable.

Therma et les sources thermales bienfaisantes

Le village de Therma ou Loutra, situé sur la côte nord à 14 kilomètres de Chora, représente le point névralgique de la vie estivale à Samothrace. Cette petite station balnéaire s’est développée autour de sources thermales naturelles exploitées depuis l’époque romaine pour leurs vertus thérapeutiques. Les eaux sulfureuses qui jaillissent à une température constante de 39°C sont réputées pour soulager les rhumatismes, les problèmes articulaires et les affections cutanées.

L’établissement thermal propose des bains individuels dans des cabines privées ainsi qu’une piscine collective extérieure où se mêlent habitants et visiteurs dans une atmosphère conviviale et décontractée. L’entrée coûte quelques euros seulement et permet de profiter sans limitation de temps des bienfaits de ces eaux géothermiques. L’expérience de tremper dans ces bassins naturels après une journée de randonnée intensive procure une détente physique incomparable, les minéraux dissous dans l’eau agissant directement sur les muscles endoloris.

Therma constitue également le camp de base idéal pour explorer les vathres et cascades environnantes. Le village compte plusieurs hôtels, pensions de famille, tavernes et campings s’échelonnant le long de la route côtière. L’ambiance y reste bohème et décontractée, attirant une clientèle internationale de randonneurs, d’amateurs de nature et de routards privilégiant l’authenticité au confort standardisé. Le bar de plage Saoki anime les soirées d’été avec une programmation musicale éclectique, créant une atmosphère festive mais jamais excessive.

Les ruelles ombragées de Therma invitent à la flânerie entre les maisons traditionnelles fleuries et les cafés proposant des pâtisseries maison. C’est également depuis ce village que part le sentier d’ascension du mont Fengari, marquant le point de départ de l’aventure pour les alpinistes amateurs. Plusieurs agences locales organisent des activités de canyoning, d’escalade et de randonnée guidée pour découvrir les recoins les plus sauvages de l’île en toute sécurité.

Gastronomie locale, saveurs authentiques de Samothrace

La cuisine de Samothrace reflète parfaitement le caractère montagnard et pastoral de l’île, privilégiant les produits locaux issus de l’élevage caprin et de l’agriculture traditionnelle. Le plat emblématique demeure sans conteste le katsiki yemisti, chevreau farci au riz, oignons, menthe et fenouil sauvage, cuit lentement au four jusqu’à ce que la viande devienne fondante. Cette recette transmise de génération en génération incarne l’âme culinaire de l’île et se déguste traditionnellement lors des fêtes familiales.

Les fromages de chèvre et de brebis produits localement méritent une attention particulière. La feta de Samothrace, élaborée selon des méthodes ancestrales, présente une texture crémeuse et un goût subtilement salé qui surprend agréablement les palais habitués aux versions industrielles. Les fromageries artisanales proposent également du mizithra frais, fromage blanc légèrement acidulé excellent accompagné de miel local, ainsi que des fromages affinés à pâte dure parfaits pour accompagner un verre de tsipouro.

Le miel de Samothrace bénéficie d’une réputation qui dépasse les frontières de l’île. Les ruches installées dans les zones montagneuses profitent de la diversité florale exceptionnelle incluant thym sauvage, châtaigniers, bruyères et fleurs de montagne. Ce miel ambré aux arômes complexes accompagne aussi bien les yaourts du petit-déjeuner que les desserts traditionnels comme les melomakarona (gâteaux au miel et aux noix) ou le galaktoboureko (feuilleté à la crème pâtissière).

Les tavernes de Chora et Therma servent également d’excellents mezze végétariens valorisant les légumes cultivés localement : melitzanosalata (caviar d’aubergines), tiropita (feuilletés au fromage), gigantes (haricots géants en sauce tomate) et salades généreuses agrémentées d’herbes aromatiques sauvages. Les amateurs de poisson apprécieront les prises du jour grillées simplement avec citron et huile d’olive, servies dans les tavernes du port de Kamariotissa où l’atmosphère demeure authentiquement locale même en pleine saison touristique.

Quand partir visiter Samothrace

La question du timing revêt une importance capitale pour profiter pleinement de l’expérience samothracienne. La période optimale s’étend de mai à septembre, lorsque les températures permettent à la fois la baignade et les randonnées confortables. Cependant, chaque saison présente des avantages spécifiques méritant considération selon vos priorités de voyage.

Les mois de mai et juin offrent des conditions idéales pour les randonneurs et amateurs de nature. Les températures oscillent entre 20 et 25°C, parfaites pour l’ascension du mont Fengari ou l’exploration des vathres sans souffrir de la chaleur. La végétation atteint son apogée de verdure après les pluies printanières, les cascades déversent des flots abondants et l’affluence touristique demeure modérée. Les nuits peuvent être fraîches, nécessitant un pull léger, mais cette douceur relative constitue un atout pour dormir confortablement même en camping.

Juillet et août correspondent à la haute saison avec des températures dépassant régulièrement 28°C et une mer atteignant enfin des températures agréables pour la baignade (23-24°C). Cette période concentre logiquement le plus de visiteurs, particulièrement des Grecs du continent cherchant à échapper aux chaleurs extrêmes d’Athènes ou de Thessalonique. Malgré l’augmentation de fréquentation, Samothrace conserve son caractère paisible comparé aux îles touristiques classiques. Les réservations d’hébergement deviennent indispensables et les tarifs augmentent sensiblement.

Septembre représente probablement le meilleur compromis pour visiter l’île de Samothrace. Les foules estivales se dispersent progressivement après la mi-septembre, les températures restent clémentes autour de 24°C, la mer conserve la chaleur accumulée durant l’été et les prix redeviennent plus abordables. Cette période intermédiaire permet de profiter sereinement des sites sans bousculade tout en bénéficiant encore de conditions météorologiques excellentes. Les soirées gagnent en fraîcheur, annonçant doucement l’automne.

L’île demeure accessible d’avril à novembre pour les voyageurs ne recherchant pas spécifiquement la baignade. Les mois d’automne révèlent des paysages changeants avec les premières pluies redonnant vigueur à la végétation après les sécheresses estivales. L’hiver apporte neige et tempêtes qui isolent complètement l’île, les liaisons maritimes devenant aléatoires et de nombreux établissements fermant leurs portes. Cette saison extrême ne convient qu’aux rares aventuriers recherchant l’expérience de la Samothrace hivernale et traditionnelle, quand l’île retrouve son rythme de vie insulaire ancestral.

Informations pratiques pour organiser votre séjour

Hébergement : L’offre d’hébergement à Samothrace privilégie l’authenticité au luxe standardisé. Kamariotissa concentre la majorité des hôtels et studios, pratiques pour les arrivées tardives en ferry. Chora propose quelques pensions traditionnelles au charme fou, installées dans des demeures anciennes restaurées. Therma attire les routards avec ses campings verdoyants et ses auberges bon marché. La réservation anticipée s’impose en juillet-août, période où l’île affiche parfois complet.

Budget quotidien : Samothrace demeure une destination abordable comparée aux îles cycladiques. Comptez 15 à 25 euros par repas dans une taverne locale, 40 à 80 euros pour une chambre double en pension de famille selon la saison, et 5 à 10 euros pour les entrées des sites archéologiques. La location d’un véhicule coûte environ 35 à 50 euros par jour. Un budget journalier de 70 à 100 euros par personne permet de voyager confortablement sans se priver.

Recommandations essentielles : Louez un véhicule dès votre arrivée car les transports publics sont quasi inexistants. Emportez de bonnes chaussures de randonnée, un maillot de bain, et des vêtements adaptés aux variations thermiques entre mer et montagne. Prévoyez du liquide car les distributeurs automatiques sont rares en dehors de Kamariotissa. Respectez impérativement l’environnement en évitant crèmes solaires et savons chimiques lors des baignades dans les vathres, ces écosystèmes aquatiques étant particulièrement fragiles.

Connexion internet : La couverture réseau mobile demeure limitée dans les zones montagneuses isolées. Les hébergements et tavernes proposent généralement du WiFi gratuit, parfois capricieux mais suffisant pour les besoins basiques. Cette déconnexion partielle fait partie intégrante de l’expérience samothracienne, invitation au détachement numérique et à la reconnexion avec l’essentiel.

Samothrace, île refuge pour l’âme voyageuse

Visiter l’île de Samothrace représente bien plus qu’un simple ajout à une liste de destinations grecques. Cette terre sauvage et mystique offre une expérience transformative où la nature puissante rappelle l’humilité de l’être humain face aux éléments. Loin des selfies sur fond de maisons blanches et de moulins, Samothrace propose une Grèce authentique, rugueuse et spirituelle qui touche profondément ceux qui acceptent de s’adapter à son rythme contemplatif.

L’île enseigne la patience à travers ses accès difficiles, la persévérance via ses sentiers escarpés menant aux vathres cachées, et l’émerveillement devant la générosité d’une nature préservée. Elle rappelle que certains trésors ne se révèlent qu’à ceux prêts à sortir des sentiers balisés du tourisme conventionnel, qu’à ceux qui privilégient l’expérience authentique à la collection de clichés Instagram formatés.

Les voyageurs repartent de Samothrace transformés par la rencontre avec cette île singulière. Ils emportent dans leur mémoire le bruit des cascades dissimulées dans la forêt, le goût du fromage de chèvre acheté directement au producteur, la sensation de l’eau glacée des vathres sur la peau échauffée par la randonnée, et surtout cette impression diffuse mais puissante d’avoir touché quelque chose de sacré et d’inaltéré. Samothrace demeure ce secret bien gardé que l’on hésite presque à partager, cette île refuge où l’âme voyageuse trouve enfin ce qu’elle cherchait sans toujours le savoir : la connexion authentique avec la nature et avec soi-même.


Article mis à jour le 20 janvier 2026

Aurélie
A propos de l'auteur
Aurélie
Je parcours la Grèce depuis plus de 15 ans, toujours en quête de ce qui se cache loin des sentiers battus. Une paire de chaussures de randonnée dans mon sac et un carnet de notes à la main, je déniche pour vous les bonnes adresses et des itinéraires méconnus, du cœur des Cyclades aux montagnes sauvages de l’Épire. Ma mission ? Vous transmettre ma vision d’un voyage authentique, durable et profondément ancré dans l’histoire locale. Je souhaite que chaque conseil que je partage ici vous aide à vivre, vous aussi, une véritable immersion au cœur de cette terre qui me passionne.

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