Que voir et faire à Sérifos en Grèce ? En trois mots : une Chora spectaculaire, des plages sauvages et un passé minier étonnant. Cette île des Cyclades occidentales, coincée entre Kythnos et Sifnos, tient dans 75 km² et compte environ 1 500 habitants à l’année. Pas d’aéroport, pas de bateaux de croisière, pas de files d’attente : on y arrive uniquement en ferry depuis Le Pirée, en 2 h à 4 h 30 selon le navire.
Je vous donne ci-dessous l’essentiel : les incontournables, les plages où aller selon votre profil, les prix réels des transports, la meilleure période, et un itinéraire de 3 jours prêt à l’emploi. De manière générale, Sérifos se visite bien en 3 à 4 jours, ou en escale de 2 jours avant Sifnos.
Sérifos en bref : ce qu’il faut savoir avant de réserver
Avant d’entrer dans le détail, voici le cadre. L’île est aride, montagneuse et très minérale, avec des routes sinueuses et un réseau asphalté limité. C’est précisément ce qui la protège du tourisme de masse.
- Localisation : Cyclades occidentales, à environ 121 km (65 milles nautiques) du Pirée.
- Port d’arrivée : Livadi, où se concentrent hôtels, tavernes et loueurs.
- Village principal : Chora, perchée à 4,5 km au-dessus du port.
- Nombre de plages : plus de 70, dont une bonne partie accessible seulement par piste ou par bateau.
- Ambiance : familiale, calme, sans clubs ni beach parties.
Néanmoins, une mise en garde s’impose : Sérifos n’est pas une île de service tout compris. Beaucoup de plages ne sont pas aménagées (ni transats, ni buvette). Prévoyez parasol, eau et en-cas dès que vous quittez Livadi.
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Comment aller à Sérifos et se déplacer sur place
Le ferry depuis Le Pirée
Le seul accès est maritime. En haute saison, on compte 2 à 4 ferries quotidiens depuis Le Pirée, opérés notamment par Seajets, Fast Ferries, Aegean Speed Lines ou Zante Ferries. Les premiers départs se font vers 6 h 45-7 h 40, les derniers en début de soirée.
- Durée : environ 2 h en navire rapide, 4 h à 4 h 30 en ferry conventionnel.
- Prix indicatif : entre 37 € et 90 € l’aller par passager piéton, selon la compagnie et la saison.
- Véhicule : comptez environ 60 € de plus pour une voiture.
Je vous conseille de réserver sur Ferryhopper ou Direct Ferries dès la parution des horaires (souvent entre décembre et mars), surtout pour un départ en août. En effet, les navires rapides affichent complet très vite. Enfin, prévoyez d’arriver au Pirée au moins une heure avant l’embarquement : le port est immense et mal signalé.
Bus, scooter ou voiture ?
Voici les trois options, avec leurs avantages et leurs limites :
- Le bus : il relie Livadi à Chora toute la journée en été, ainsi que certaines plages (Psili Ammos, Agios Sostis, Mega Livadi) et villages (Panagia, Galani, Kallitsos). Comptez 2 à 4 € le trajet. Économique, mais insuffisant pour explorer l’île en profondeur.
- Le scooter ou le quad : à partir de 25 € par jour. C’est le meilleur rapport liberté/prix. Attention toutefois aux pistes non goudronnées, glissantes après la pluie.
- La voiture de location : à partir de 60 € par jour en été. Indispensable si vous voyagez en famille ou visez les plages du nord.

Dans tous les cas, réservez votre véhicule à l’avance : le parc de l’île est petit et il se remplit dès la mi-juillet. Il existe aussi des taxis de mer au départ de Livadi pour rejoindre les criques inaccessibles par la route.
Chora : le plus beau village-forteresse des Cyclades
C’est le point fort absolu de l’île. La Chora de Sérifos s’étage en amphithéâtre sur une colline de 200 mètres, dominée par les vestiges d’un kastro vénitien construit pour protéger les habitants des pirates.

On y monte en 10 à 12 minutes en scooter depuis Livadi, ou en 20 minutes en bus. Une fois sur place, inutile de sortir une carte : il suffit de monter.
Ce qu’il ne faut pas manquer :
- Pano Piatsa, la place haute avec ses cafés et sa mairie néoclassique de 1908.
- Le sommet du Kastro et la chapelle Agios Konstantinos, pour un panorama à 360° sur la mer Égée.
- Les escaliers de Kato Chora, la partie basse, plus vivante et commerçante.
- Les moulins à vent à l’entrée du village.
- L’église de Panagia Skopiani.
Je vous recommande d’y monter en fin d’après-midi : la lumière rasante sur les maisons blanches est bien plus belle qu’à midi, et la chaleur devient supportable pour grimper. Le soir, la place principale s’anime autour des tavernes et des bars à cocktails, sans jamais basculer dans l’excès.
Les plus belles plages de Sérifos, classées par usage
L’île revendique plus de 70 plages. Voici les valeurs sûres, selon ce que vous cherchez.
Pour les familles avec jeunes enfants
- Psili Ammos : sable fin et doré, eau peu profonde, à 8 km de Livadi (8 à 10 minutes en scooter). Deux fois classée parmi les plus belles plages d’Europe par le Sunday Times. Deux tavernes sur place.
- Livadakia : à quelques minutes à pied du port, ombragée par des tamaris, entièrement équipée.
Pour la photo et le calme
- Agios Sostis : deux petites baies séparées par une presqu’île coiffée d’une chapelle blanche. À 2,6 km de Livadi. Non aménagée, parking puis 5 minutes de marche.
- Kalo Ambeli : crique isolée sur la côte sud-ouest, accès par piste.
Pour les grands espaces
- Ganema et Koutalas : longues plages de sable et galets sur la côte ouest, à 35-40 minutes du port.
- Sikamia : l’une des plus vastes, au nord-ouest, accessible uniquement en 4×4 ou en deux-roues par une piste difficile. Sauvage et souvent ventée.
Petite mise en garde : les plages du nord (Sikamia, Karavas, Avessalos) sont exposées au meltemi, ce vent du nord qui souffle fort en juillet et août. Dans ces cas-là, repliez-vous sur la côte est, mieux abritée.
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Les villages de l’intérieur et le monastère des Taxiarques
Sérifos ne se résume pas à sa côte. Si vous souhaitez comprendre l’île, prenez une demi-journée pour la traverser vers le nord.
- Panagia : hameau minuscule autour de l’église du même nom, l’une des plus anciennes de l’île. Idéal pour un café à l’ombre.
- Galani : village de pierre entouré de terrasses cultivées.
- Le monastère des Taxiarques (Taxiarchon), au nord : une bâtisse fortifiée du XVIe siècle, aujourd’hui habitée par un seul moine. L’intérieur, avec ses fresques et ses icônes, ressemble à un village grec miniature. Vérifiez les horaires d’ouverture localement, ils varient beaucoup.
- Kallitsos et Aspros Pyrgos, une tour hellénistique en marbre blanc en partie effondrée, témoin de l’Antiquité de l’île.
Megalo Livadi et les mines : la face cachée de Sérifos
C’est la visite la plus originale de l’île, et elle est gratuite. Megalo Livadi fut, au tournant du XXe siècle, un port minier exportant du fer vers l’Europe. Il en reste :
- Le pont de chargement des minerais, à moitié effondré, planté dans la mer.
- Les galeries et les wagonnets rouillés, encore visibles le long de la côte.
- Un imposant bâtiment néoclassique bordé de palmiers, ancien siège de la compagnie minière.
Ce lieu porte aussi une mémoire lourde : en août 1916, une grève des mineurs y fut réprimée dans le sang. Ce mouvement est considéré comme fondateur dans l’obtention de la journée de huit heures en Grèce. Un monument rend hommage aux victimes. Je vous conseille vivement de vous y arrêter, ne serait-ce que trente minutes : cela change complètement le regard que l’on porte sur l’île.

Randonner, manger et boire local
Sérifos est un très bon terrain de randonnée, avec un réseau d’anciens sentiers muletiers balisés. Le classique relie Chora à la plage de Sikamia via Panagia, en 2 h 30 environ. Partez tôt : il n’y a quasiment aucune ombre.
Côté table, cherchez ces spécialités :
- La revithada, ragoût de pois chiches cuit lentement au four à bois, traditionnellement servi le dimanche.
- Les marathotiganites, beignets de fenouil sauvage.
- Le fromage local de chèvre et le miel de thym.
- Le vin de cépage serifiotiko, produit notamment au domaine Chrysoloras, à plus de 400 mètres d’altitude (environ 5 000 bouteilles par an). Une belle halte de randonnée.
Quand partir et itinéraire de 3 jours
Les meilleures périodes sont juin et septembre : mer chaude, tavernes ouvertes, prix plus doux et vent modéré. Juillet et août restent agréables mais plus chers et plus venteux, avec un pic de fréquentation autour du 15 août. En avril-mai, l’île est verte et fleurie, mais une partie des commerces n’a pas encore ouvert.

Voici un itinéraire simple et efficace :
- Jour 1 : installation à Livadi, baignade à Livadakia, montée à Chora en fin d’après-midi, dîner sur Pano Piatsa.
- Jour 2 : côte est en scooter, Psili Ammos le matin, Agios Sostis l’après-midi, retour par Lia ou Agios Ioannis.
- Jour 3 : traversée vers Megalo Livadi et les mines, baignade à Koutalas ou Ganema, retour par les villages de l’intérieur.
Enfin, un dernier conseil pratique : il n’y a qu’un nombre limité de distributeurs de billets sur l’île, essentiellement à Livadi et Chora. Prévoyez du liquide, plusieurs tavernes et loueurs le préfèrent encore.
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Questions fréquentes sur Sérifos
Combien de jours faut-il pour visiter Sérifos ? Trois jours pleins suffisent pour voir Chora, quatre à cinq plages et les mines. Comptez cinq jours si vous souhaitez randonner.
Sérifos convient-elle aux familles ? Oui, en particulier grâce aux plages à faible profondeur comme Psili Ammos et Livadakia. Le seul point de vigilance concerne les escaliers de Chora, peu compatibles avec une poussette.
Peut-on visiter Sérifos sans louer de véhicule ? C’est possible en juillet-août grâce aux bus, mais vous serez limité à cinq ou six plages. Pour le reste de l’île, un deux-roues reste nécessaire.
Y a-t-il de la vie nocturne ? Une vie nocturne détendue, oui : bars à cocktails de Chora et tavernes du port de Livadi. Rien de comparable à Mykonos.
Article mis à jour le 19 juillet 2026